Pourquoi hésiter entre toxine botulique et lifting ? Essayez plutôt les abricots !

Besoin de retrouver la pêche en hiver ? Souci de conserver une belle peau, de garder une bonne vue, des dents impeccables, une chevelure éclatante et du tonus musculaire ? Envie de maintenir sa mémoire, de trouver un sommeil réparateur, de lutter contre la nervosité, d’améliorer sa digestion ? Souhait de ralentir l’effet de l’âge, de prévenir l’ostéoporose, de protéger ses artères, d’avoir un solide système immunitaire ? Les propriétés thérapeutiques de l’abricot aident à tout cela et à bien d’autres choses encore : une vraie pharmacie naturelle dans un simple fruit, un concentré de vitamines, de minéraux, d’oligo-éléments et macroéléments ! On lui attribue même des vertus contre certains cancers !

Saviez-vous que des habitants des montagnes du nord du Pakistan (les Hunzas) ont une longévité incroyable malgré de rudes conditions de vie, et qu’ils deviennent centenaires tout en gardant bon pied / bon œil ? Les chercheurs qui ont étudié cette population attribuent leur santé exceptionnelle au fait que ces montagnards mangent des abricots et des noix toute l’année.

Vous allez me dire : oui, mais la saison des abricots ne dure que de juin à août… Alors, consommez de l’abricot sec, l’un des fruits les plus riches en minéraux ! Et saviez-vous aussi que la quasi-totalité des abricots secs que nous dégustons en Europe vient de Turquie, premier producteur devant l’Etat de Californie ?

Certains prétendent que l’abricotier serait originaire de Chine, où il existait déjà à l’état sauvage il y a au moins 4000 ans. Il y aurait orné la table des empereurs, puis traversé l’Inde et emprunté la route de la soie. Alexandre le Grand l’aurait mené aux portes de l’Europe, relayé par les Romains qui l’auraient introduit dans le bassin méditerranéen, et surtout, par les Arabes qui l’ont implanté jusqu’en Andalousie. Son nom français est d’ailleurs issu de l’Arabe, « al barquouk » (le précoce), devenu en Espagnol « albaricoque »…

Il aurait été sérieusement cultivé dès le 3ème siècle avant notre ère jusqu’en Arménie d’où le nom de « pomme d’Arménie » attribué par les Romains. Mais lors de fouilles archéologiques, des noyaux d’abricot ont été découverts sur le territoire arménien et dateraient d’environ 6000 ans… Où est la vérité ?

En tout cas, l’abricotier est asiatique et sa culture remonte à loin sur les terres de l’actuelle Turquie de l’Est ! Les fruits secs étaient essentiels à de nombreuses populations durant l’hiver, notamment sur le pourtour de la Méditerranée… Alors qu’en France, jusqu’à ce que l’arbre soit planté à Versailles par le jardinier du roi, l’abricot était soupçonné fort injustement d’apporter des fièvres !

Les abricotiers que l’on trouve actuellement en Turquie appartiennent à une variété venue de Damas. L’arbre apprécie les amplitudes thermiques, les hivers froids avec de la neige et les étés très secs, c’est pourquoi il s’est si bien acclimaté en Anatolie.

Son territoire s’étend de Kars à Konya, en passant par la Cappadoce, mais c’est surtout la région de Malatya qui s’est spécialisée dans cette culture et qui assure aujourd’hui près de la moitié de la production turque. La ville est devenue célèbre pour ses fruits exportés dans le monde entier mais la culture intensive de l’abricotier y est relativement récente car auparavant, les spécialités de Malatya étaient l’opium jusqu’au 19ème siècle, puis le tabac jusqu’à la fin des années 30.

S’il aime la chaleur, l’abricotier exige cependant de l’eau. Les villages de la vallée du Tohma Cayı, affluent de l’Euphrate, se consacrent donc à sa culture en pratiquant l’irrigation partout où c’est possible : les arık, petits canaux, acheminent le précieux liquide jusque dans les champs, puis des rigoles l’amènent jusqu’au pied de l’arbre et entourent soigneusement celui-ci. De riches propriétaires possèdent les terres, leurs « hommes de peine » assurant la production. Mais le fruit est une bénédiction pour tout le monde : l’abricot est rentable.

La durée de vie d’un abricotier est d’environ 30 ans. Il en faut 7 pour qu’un jeune arbre commence à produire, 15 pour qu’il soit à pleine maturité. Un arbre adulte donne entre 22 et 38kg de fruits par saison. Il est rarement seul dans ses champs : les cultures vivrières lui sont quasiment toujours associées, notamment celle du blé pour faire le boulgour, aliment de base en Turquie.

Petits et fermes, les abricots turcs se prêtent bien au séchage. De prime abord, ils ne sont pas très séduisants pour nous qui avons l’habitude de gros fruits bien oranges… Mais dès qu’un paysan de là-bas vous les fait goûter, vous vous dites que vous n’avez jamais mangé de véritable abricot auparavant : parfum incomparable, goût extraordinaire et sucré, un vrai régal pour les papilles ! Rien à voir avec les nôtres, presque insipides, parfois même limite farineux…

La récolte débute en juin, elle se fait exclusivement de façon artisanale et les membres de la famille qui travaillent en ville sont réquisitionnés pour aider, un peu comme chez nous pour les vendanges. Une toile est disposée au pied de l’arbre que l’on secoue pour faire tomber les fruits mûrs : ces derniers sont ensuite disposés dans des cageots en bois de peuplier.

Si le producteur ne fait pas dans le bio, les fruits sont ensuite entreposés dans une petite bâtisse où ils vont subir un soufrage, le traitement qui leur permettra de garder une belle couleur jaune orangée et qui facilitera le séchage : un petit récipient contenant du soufre est mis à chauffer sur un foyer, la porte de la pièce est scellée, et les abricots mijotent ainsi dans les vapeurs de soufre pendant une bonne douzaine d’heures avant d’être étalés au soleil.

Aux beaux abricots secs bien jaunes mais en quelque sorte, « fumés » au soufre et qui peuvent de ce fait provoquer des réactions chez les personnes sensibles, je préfère ceux qui restent totalement naturels : ils deviennent bruns et ne doivent leur bronzage qu’à leur exposition au soleil !

C’est que la Turquie est également pionnière dans la culture de l’abricot bio : sans subir le moindre traitement, les fruits sont d’abord étalés au soleil pendant 3 à 4 jours. Des mains expertes les retournent régulièrement et au bout de ces quelques jours, les dénoyautent avant de les laisser poursuive leur séance de bronze à peu près autant de temps.

Selon les régions, le séchage se fait sur des toiles posées au sol ou sur les indispensables terrasses « à tout faire » qui recouvrent les maisons : à la saison, toutes les terrasses se parent d’une belle couleur ensoleillée et c’est un enchantement de surplomber les villages.

Dans les campagnes, les abricots secs sont consommés de diverses façons : tels quels, bien sûr, mais aussi dans des pâtisseries, préparés au sirop ou en confiture (oui, cela se fait avec des abricots secs !). L’une des plus délicieuses que je connaisse, c’est lorsque mon amie Fatma me sert le yaourt qu’elle vient de fabriquer elle-même, recouvert de sa merveilleuse confiture… Un plaisir tout simple mais indescriptible tellement c’est bon !!!

Et si vous doutiez encore de l’intérêt des abricots, le fruit est associé à Vénus, la déesse de l’amour ! D’ailleurs, la légende espagnole en fait un puissant aphrodisiaque : les belles portant des fleurs et des feuilles d’abricot sous leur jupe seraient absolument irrésistibles…

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~ par hazize sur 17 mars 2010.