Pide.

Un ou une ?

Bien malin qui le sait ; les mots turcs n’ont pas de genre, et lorsqu’on décide avec hardiesse d’introduire en l’état un mot turc dans une expression française, on est prisonnier de la traduction que l’on admet implicitement. Si on s’imagine donc dire qu’il s’agit d’« une pizza de style turc », on dira au féminin. Mais rien d’une règle… Seulement un choix.

A distinguer des lahmacuns, disques très fins cuits au four avec  une garniture épicée de viande hâchée, qui sont une spécialité arabe – d’ailleurs le nom qui les désigne l’est aussi – les pides constituent souvent la martingale des voyageurs qui aiment être calés sans porter atteinte à leur budget. Un « pide salonu » attend certainement au coin de la rue, et pour peu que le four soit allumé, l’homme de l’art peut passer à l’action sans délai. Sur une large table de marbre, il va étaler finement la pâte sous un rouleau, la battre, parfois la lancer et se livrer à un petit spectacle ludique, puis former une sorte de petite nef, de petit navire en forme d’oeil, qu’il garnira en piochant dans des récipients en plastique, du style de ceux qui se vendent en société féminine lors de thés commerciaux. Les versions le plus classiques sont bien sûr au fromage, jaune ou blanc, séché et émietté,  kaşar ou peynir, mais des alternatives plus complètes existent : sans aller jusqu’à la karısık, la « complète » si on peut dire, qui adjoint au fromage du saucisson en fines rondelles et de la viande hâchée, ou jusqu’à la pastirmalı pide, laquelle est tout à fait redoutable en termes de digestion et d’haleine, on peut agréablement adjoindre un oeuf – le plat devenant alors « yumurtalı« .

Heureusement le syndrome de la crêpe bretonne n’a pas atteint le pide salonu, et les combinaisons fantaisistes ou touristiques restent limitées ; ce n’est pas un plat de fête, ce n’est pas non plus spécialement un plat pour touristes, donc la simplicité et la tradition restent de mise ; quelquefois les légumes – au sens large – ont leur mot à dire : si la tranche de tomate restera décorative, et un peu égarée, il peut arriver que les champignons ou les épinards donnent lieu à une mantarlı pide, ou une ispanaklı pide. La kapalı pide, sorte de calzone alatürka, restera marginale ; et c’est tant mieux.

Pide

 

 

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~ par dolasadolasa sur 30 juin 2010.

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