Istanbul plage.

Istanbul n’est pas une station balnéaire ; elle ne l’a jamais été. La Mer de Marmara, ni le Bosphore qui la prolonge vers le nord, ne sont  bordés de plages, n’ont vocation à être des lieux de loisir familial : on ne s’y dore ni n’y joue au ballon sous des parasols. Il y a pourtant possibilité de faire mieux que ne font les gamins excités qui éclaboussent au pied des épaves rouillées sur les rochers de Salacak, mieux encore que les quinquagénaires bedonnants et tannés jusqu’au cuivre qui brûlent face au Bosphore au-delà de la contre-allée de Kennedy cadessi.

Bref… Aller à la plage !

Pour ce faire, c’est un peu la Turquie qu’il faut quitter, et sur la Grèce qu’il faut lorgner. Comme souvent, le déplacement à Istanbul vapur adalarcommence par un Akbil qui bipe, par un tourniquet que  l’on pousse du genou, par un empressement vers une porte qui est encore fermée alors que les passagers débarquent et déjà se hâtent vers l’étape suivante de leur trajet. La destination doit être les Îles des Princes, Adalar comme disent les Turcs qui aiment bien abréger et omettre les détails  superflus quand l’évidence s’impose.

C’est ainsi qu’un jour d’été, en fin de matinée, un grand vapur – ceux vers les Îles sont de grands modèles – passe la jetée de Kadiköy. Et pointe plein sud.

Les plages des Îles sont des plages urbaines, et  s’il y a des recoins ou des criques, des paradis abrités ou des espaces secrets, ils ne sont certainement pas publics, et sont réservés à une élite très privilégiée ; d’attendre donc certes à se baigner, mais à se baigner à moins de dix mètres des maisons côtières, à moins de cinq mètres de la route, et jamais très loin du quai ni donc du vapur qui y fait escale toutes les heures environ, dans un coup de corne,  procurant au baigneur le sentiment de nager plus dans un port que sur une plage.

 

plage kinaliada

 

Le vocabulaire turc n’en finit pas d’apporter des surprises, et le mot du jour en est encore une. Au bord de la Mer de Marmara, à Heybeliada plus précisément, car c’est sur cette première étape, la plus proche d’Istanbul, mais aussi sans doute la plus commode pour cet exercice que l’aspirant baigneur descend, n’accède pas tout à fait au plongeon rafraîchissant qui veut : le plaisir se paie, et se paie ici au prix de l’emplacement. Le mot du jour est donc « şezlong« … « Chaise longue« ….

Cinq livres, donc, par personne, pour une durée difficile à réellement déterminer car elle n’est en rien annoncée, pour l’usage d’une şezlong sur la mince bande de sable caillouteux ou de béton qui borde le rivage.

Le café le plus proche fait commerce d’une ou deux cabines, louées à qui veut se changer en enfiler une tenue appropriée, celle qui donne le droit d’aller voir fissa si « elle est bonne« , et comment sont les méduses.

port kinaliada

 

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~ par dolasadolasa sur 12 novembre 2010.

2 Réponses to “Istanbul plage.”

  1. Excusez-moi de contredire votre premier paragraphe : Évidemment que si le pourtour de la mer de Marmara se prête à la baignade. Et justement parce-que ce n’est pas touristique c’est justement très familial et très stanbouliote. C’est même en ce qui me concerne l’immense majorité de mes souvenir de plage en Turquie depuis mon enfance. Je vous citerai des noms parmi d’autres sans rentrer dans les détails : À l’ouest d’İstanbul il y a Silivri, Marmaraereğlisi, et plus loin encore vers Tekirdağ et après, où la côte est vraiment plus tranquille. De l’autre côté, asiatique, il y a toute la côte de Yalova à Bandırma, direct en bâteau de Yenikapı. Et puis en dehors de la mer de Marmara il y a « les plages d’İstanbul » sur la mer Noire : Kilyos sur la rive européene (avec dolmuş à partir de Sarıyer), Riva, Şile, Ağva sur la rive asiatique, très, très prisés.

    Et puis sur les îles aux Princes il y a d’autres possibilités que ces plages près du iskele où vous vous êtes rendu, des endroits publics plus éloignés et loin des habitations : À Büyükada et à Heybeliada soit on se rend à pied jusqu’à de petites criques (pas du tout réservées « à une élite très privilégiée »!), soit on prend un autre bateau sur place qui vous emmène un peu plus loin sur l’île moyennant une petite somme pour le trajet sur une plage aménagée par exemple. Mais je vous avouerai que c’est toujours extrêmement bondé et que ça fait longtemps que je ne suis plus allé me baigner sur une des îles …Et aussi de toute façon cela fait un moment que les gens ont pris conscience de l’extrême pollution de cette petite mer :-/

    • Je sais bien tout ce que vous dites là.
      Mon propos concernait strictement Istanbul, et Sile c’est déjà très loin, et surtout très long comme trajet, et je n’ignore pas qu’un petit bateau peut vous mener vers des criques aux îles.
      Dolasa n’est pas un guide de voyage, il ne prétend pas donner de conseils touristiques, il est un site à lire, d’impressions ; la fiction elle-même y est bienvenue.

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