Süt alors…

Avant même le générique de début, l’atmosphère ne saurait que dérouter ; une jeune fille effrayée est pendue par les pieds au dessus d’une marmite de lait bouillant dans laquelle a été plongé un mystérieux petit mot sur un coin de feuille de papier ; dans des quintes et des convulsions,  les yeux révulsés, elle recrache un serpent.

Presque plus que le fil conducteur du lait (süt), le thème du serpent sera très présent dans le film : la mère se plaindra d’un gros serpent gris dans la laiterie, que l’on verra fugacement ensuite, sans connaître son destin réel ; le fils, dans son entreprise criminelle, dans une des dernières scènes, renonce à estourbir l’amant de sa mère – un chef de gare veuf et d’apparence fort brave – pour se saisir à bras le corps d’un étrange poisson gluant, qui se changera en maquette de carton-pâte plutôt grossière lorsqu’ils le présentera à la maison, alors que sa mère préparera une volaille avec un sourire extatique, dans une nuée de plumes blanches qui tombent en douceur comme autant de flocons.

A ce stade du film, on a probablement renoncé à comprendre de quoi il retourne vraiment.

L’histoire d’un fils, poète, décalé, rêveur et taiseux, qui livre en side-car russe rouge le lait et le fromage frais que sa mère, seule, fait produire à trois vaches dans une étable rustique d’un village autour d’Izmir. La mère pense à refaire sa vie lorsqu’elle rencontre, crevaison aidant, un chef de gare, père isolé d’une brunette à couettes. Le fils, entre poésie et pudeurs, ne parvient pas à se voir une place dans la société turque contemporaine, ni à l’armée, ni dans une perspective familiale.

Thème social, alors ? Peut-être.

Le film n’en reste pas moins très déroutant ; il est sous-titré, en français comme en anglais, mais finalement c’en est presque superflu, les dialogues dans leur totalité tenant sur une page A4 ; les plans sont fixes : regards sans expression, mystères jamais dénoués, clés jamais fournies pour lire ce qui, au fond, guide le réalisateur vers ce malaise d’une heure et demie.

Süt, de Semih Kaplanoğlu

1h40

 

Télécharger « Süt alors… » au format PDF :

 

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~ par dolasadolasa sur 2 janvier 2011.

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