Head-On.

Avant d’être  le cuisinier fou et lanceur de couteaux de Soul Kitchen, Birol Ünel a été cet homme déjà hors de ce monde qui, dans une nuit d’ivresse, de retour de son emploi de ramasseur de bouteilles de bières vides au sol d’une boîte de Sankt Pauli, lance sa Ford dans un mur sans même freiner. La scène suivante le voit, Cahit, une minerve autour du coup dans une cour d’hôpital, alors qu’une brunette suicidaire et décidée à fuir quoi qu’il arrive le carcan familial turc traditionnel, Sibel,  le somme de l’épouser.

Cahit, qui d’une certaine façon est déjà mort, n’a plus rien à perdre ; on ne saura jamais ce qui est arrivé à la femme, Katarina, dont il est veuf, et dont quelques photos feront une furtive apparition dans l’incroyable capharnaüm de son petit appartement, suscitant une fureur cataclysmique. Il épouse donc la demoiselle, avec l’aide d’un collègue devenu oncle et chaperon, pour rendre service, et surtout pas pour un vrai mariage : il lui offre ainsi l’alibi permettant de se sentir libre de connaître des hommes et de vivre des frasques sans la tutelle familiale et loin des poings du grand frère qui s’est jadis déjà illustré en lui brisant le nez un jour de méconduite.

Mais Cahit va renaître, et les sentiments pour Sibel vont s’inviter ; une nuit, dans un bar, alors qu’un des amants de Sibel s’amuse à l’insulter, la passion prend le contrôle et Cahit estourbit l’impudent. Tournant de l’histoire : Cahit part pour la prison, Sibel pour Istanbul, chez sa cousine gestionnaire d’un palace de Taksim, non sans avoir promis à son mari qu’elle l’attendrait.

A Istanbul, Sibel se froisse rapidement avec cette cousine qui noie l’échec de sa vie sentimentale dans sa vie professionnelle, et plonge dans les bas-fonds, entre sexe et opium, jusqu’à être laissée pour morte sur le pavé de Cihanğir. Quand il est enfin libéré, Cahit file vers Istanbul, pour la  retrouver et partir avec elle vivre à Mersin, lieu de ses  racines turques et ville de sa naissance avec laquelle il a décidé de définitivement renouer. Retrouvailles de couple,  et nuits dans un hôtel vénérable de Pera, celui au pied duquel quasiment sont orchestrées les chansons d’amour qui rythment le film et séparent les chapitres de l’histoire.

A l’otogar, le lendemain midi, pourtant, c’est seul que Cahit montera dans le bus.

Film d’amour, film de choc culturel, aventure ponctuée de sang qui coule, de drogue sniffée, de sexe et d’alcool.

Head-On, Fatih Akin

Ours d’or, Festival de Berlin, 2004

 

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~ par dolasadolasa sur 3 février 2011.

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