Le tarzan de Manisa.

Manisa ; ville peu connue, ville un peu oubliée de l’ouest de la Turquie. Pourtant ville antique, l’ancienne Magnésie du Sypile. Le Sypile, c’est le mont Sypilus, lieu de la bataille de Sypilus, en 189 avant JC.

Quel rapport entre ce mont antique, aujourd’hui parc naturel, et Tarzan ? Quel rapport entre cette région aux pierres douées d’étranges propriétés magnétiques et la statue d’un homme en pagne, aux cheveux et à la barbe fournis, que l’on rencontre aux environs de la mairie de Manisa ?

C’est ce que nous explique ce film, Manisa Tarzanı, de Orhan Oğuz.

Le Tarzan de Manisa est un homme venu de Samara, en Irak, avec l’aura d’un vétéran et une médaille rouge sur la poitrine,  descendu d’un autobus bringuebalant et accueilli par un vieil homme boiteux qui l’introduira dans la société locale ; cet homme s’appelle Ahmet Bedevi, et il est  né au tournant du siècle, le XIX°.

D’emblée, il se distingue de la société villageoise de Manisa : conteur, ami des plantes qu’il cultive et des jeunes qu’il éduque à une sagesse très écologiste, il sait aussi parfois soigner, voire ramener à la vie le jeune Emin, dont il restera pour toujours l’oncle infiniment respecté. Il règne sur les montagnes de Sipil et y fait revenir l’eau, pour la paix du village asséché et les beaux yeux d’une jeune villageoise désespérée.

L’homme de la montagne se frotte rudement à l’administration turque, d’abord parce que son aura sur la jeunesse lui vaut la défiance des instituteurs, ensuite parce que son charisme de soigneur quasi miraculeux fait de l’ombre aux hommes d’influence de la petite société provinciale. D’abord tenu pour un espion, puis au contraire manipulé à des fins électoralistes par un parti politique ambitieux et habile à manipuler ses admirateurs, le tarzan de Manisa tient par dessus tout à un bosquet, une petite plantation menée dans les premiers temps avec la collaboration de l’institutrice.

Il mourra comme ses arbres, au son des tronçonneuses de cette Turquie  des années 60 qui cédait aux sirènes de l’industrie et tournait le dos aux modes de vie traditionnels et paisibles.

Le film de Orhan Oğuz, sorti en 1994, est déjà fort daté dans sa réalisation ; les sous-titres français, en retard d’une guerre, incomplets et parfois même illisibles, n’aident pas à entrer dans l’intrigue de ce qui apparaît plutôt comme un téléfilm. Reste l’anecdote de la jolie histoire, méconnue hors de la Turquie, de cet ami des arbres.

Manisa Tarzanı, de Orhan Oğuz, 1994.

Télécharger « Le tarzan de Manisa » au format PDF :

~ par dolasadolasa sur 20 avril 2011.

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