Denizden gelen.

Côte Sud, région de Muğla. Chevelu, moustachu, athlétique et plutôt dépressif, un ancien policier sort satisfait, aux côtés d’un collègue, du douloureux procès qui l’innocente d’une supposée bavure. Le nez dans l’eau tiède d’une plage de la péninsule, il somnole sous le soleil assommant de l’Egée méridionale.

Onur Saylak campe cet ancien policier, mais le rôle majeur est celui d’un enfant, d’un jeune enfant passionné de basket-ball, que les flots vont mener sur la plage, sous les yeux troublés d’eau salée du trentenaire pensif et débonnaire. Jordan, le jeune garçon, est africain, et s’il échoue ainsi sur le sable, à demi-mort, c’est que la barque des passeurs qui devait faire gagner dans la nuit les îles grecques à toute sa famille et à une vingtaine de compatriotes a fait naufrage.

Halil, le policier, fonce vers l’hôpital, l’enfant sans connaissance sur la banquette de la R9 blanche, et le dépose aux urgences ; là, une brune infirmière, Yaren, jouée par Ahu Türkpençe, insiste pour qu’il laisse nom et adresse, et soit identifié comme l’adulte responsable du jeune homme. Dès lors, de regards attachants de l’enfant qui renaît en demandant à voir son père en sourires de l’infirmière, Halil va se faire un devoir de remédier à cette situation douloureuse et injuste, sorte de héros sacrificiel, sur fond d’histoire d’amour.

denizden gelen
Plus un téléfilm qu’un film,  car le fil blanc dépasse vraiment trop sous les coutures du scénario, Denizden gelen est l’histoire de cet investissement personnel et affectif d’un policier décalé et déboussolé au service d’un jeune Jordan, opportunément nommé ; on ira de chambre d’hôpital en hangar de campagne, là où la troupe gendarmesque est sommée de parquer les naufragés, dont l’entourage de l’enfant… Le policier sera le bon justicier : il l’enlèvera, le cachera en compagnie de la jolie infirmière, et tentera de joindre son père, lequel trime dans un champ quelque part dans l’Union européenne, sous les coups d’un exploiteur, qui le loge dans une cabane de jardin avec quelques coreligionnaires.

On ne croit pas aisément en cette histoire, trop naïve, pas très bien filmée, à la guimauve trop facile, mais on n’est pas démenti par l’ultime scène : c’est finalement le corps sans vie de Halil que les flots bleus de Muğla ramèneront.
Denizden gelen a été présenté à un certain nombre de festivals, de Moscou à Istanbul ; il est sorti en 2009.

L’illustration de l’article n’est pas une image du film.

Télécharger « Denizden gelen » au format PDF :

~ par dolasadolasa sur 5 juin 2011.

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