Jandarma.

jandarma

Rouge sur bleu, le triangle, et un numéro de téléphone : 156.

Si les grandes villes sont en général surtout le terrain de jeu de la polis (police), voire de la zabita (police des marchés), si à l’occasion on peut être contrôlé par la Maliye (les finances, le fisc, la douane en quelque sorte),  le gendarme a l’âme rurale : le nom ne trompe pas, la Jandarma, c’est la gendarmerie française à la sauce turque, la maréchaussée version anatolienne. C’est à dire aussi l’armée.

Une gendarmerie, en Turquie, c’est très souvent en bordure de route, à un carrefour perçu comme stratégique ; le bâtiment est banal, style carré années 80, peinture délavée, mais l’environnement est soigné : le pire village aride aura quand même une jandarma garnie d’arbres, procurant précieuse ombre aux vigilants guetteurs casqués, toujours armés, et hébergés dans une guérite de coin, parfois agrémentée de sacs de sable façon Beyrouth grande époque. Autour du portail d’entrée, souvent des bidons peints en rouge et blanc, sur les murs d’enceinte des barbelés très déterminés, et bien acérés.

La jandarma est au bord de la route, disais-je, sa vocation principale étant tout de même de contrôler le trafic ; à cette fin fort louable, des plots triangulaires, de classiques plots de travaux routiers, sont harmonieusement disposés sur la voie, dans un sens, parfois dans les deux, pour inviter le conducteur de passage à ralentir, ou même à s’arrêter pour un contrôle. Au cas où la vocation du lieu aurait échappé au chauffeur trop peu vigilant ou occupé au téléphone, comme c’est souvent le cas, un panneau, à poste, fixe, annonce la couleur : DUR. C’est à dire stop.

A ne pas prendre au pied de la lettre tout de même : s’il n’y a aucun militaire pour procéder au contrôle, il ne convient pas de s’arrêter, et le faire serait même carrément dangereux. La panneau est là « au cas où« , et il y reste.

La jandarma possède de classiques voitures, similaires à celles de la police, des Renault Megane, en général, ornées des emblèmes rouge et bleu de l’institution ; elle n’en a pas moins une préférence pour des engins plus robustes et plus rustiques, des 4X4 vert armée, ou  des camionnettes dont le bleu sombre n’est pas sans rappeler celui des Estafettes qui jadis s’embusquaient dans les entrées de fermes des routes campagnardes françaises en déposant d’étranges barbecues blancs sur les bas-côtés.  Toute jandarma qui se respecte abrite aussi un ou deux blindés, un otokar Kobra, par exemple, ou un BTR-80, comme ci-dessous.

Parfois, c’est sur la route que l’on trouve ces véhicules musclés, saisissante rencontre.

blindeTélécharger « Jandarma » au format PDF :

~ par dolasadolasa sur 27 août 2011.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s