G.O.R.A, le pastiche alatürka

Le cinéma turc, ce sont des longues et traînantes histoires, dont les dialogues tiendraient sur une feuille A4, faites de plans fixes et de références  absconses, de vent sur les blés et de vieux taciturnes ; ce sont aussi des drames un peu poisseux de bons sentiments, dégoulinants d’eau de rose ; ce sont également des épopées, des fresques historiques, lourdes et partisanes :  nationalisme et édification des masses ; et puis c’est G.O.R.A. Film inclassable, pastiche de science fiction, comédie décalée. D’une certaine façon, et au sens noble du terme, car il y en a un, G.O.R.A. est un nanard.

Un vendeur de tapis d’un coin touristique d’Anatolie, Arif,  court les éditeurs locaux pour tenter de fourguer de supposées photos d’OVNIs, grossièrement truquées. Il trimballe dans le coffre de sa voiture plateaux et assiettes, potentielles soucoupes volantes et produits des photos d’OVNIs au gré des opportunités.

GORA

Ce toquard se fait un jour enlever par des extraterrestres travestis en riches clients anglais, qui l’entraînent dans un vaisseau spatial vers la planète G.O.R.A, sous la conduite d’un capitaine dont le glorieux ancêtre a subi les derniers outrages d’un muletier en 1789 sur le plateau d’Aksaray. D’où une rancoeur tenace envers notre Turc qui se montre de surcroît un prisonnier perturbateur, au milieu de captifs de douze nationalités. Si turc, il ne se sépare jamais de son portable Avea, qui bien sûr accède au réseau sans faille, même depuis une autre galaxie ; il commande thé et fromage blanc aux olives et pose toutes sortes de questions décalées, prétextes à allusions à la vie turque contemporaine.

La fine fleur de la science fiction américaine va fournir tout au long de l’épopée de multiples références traitées avec humour : le 5° élément, la Guerre des étoiles… Le pastiche est de mise, l’humour toujours présent, mais jamais lourd.

Le scénario s’enrichit au bout d’une heure de ces clins d’oeil hollywoodiens avec l’histoire d’une princesse qui tombera éperdue amoureuse d’Arif  le terrien, et qui, elle-même d’origine terrienne, cèdera à la tentation de revenir sur les pas de son père naturel, pour traverser la Turquie dans un cabriolet rouge. Arif sera le héros qui sauvera la belle des griffes du capitaine, et lui fera quitter G.O.R.A, en quasi super-héros, en compagnie d’un doux robot efféminé  et d’un ancien tenancier de bar de Kuşadaşı converti au rastafarisme.

Il faut reconnaître que G.O.R.A est distrayant, ce genre de film que l’on peut voir de nombreuses fois, car on n’aura, assurément, pas tout compris ; jamais.

G.O.R.A (2003) d’Ömer Faruk Sorak et Cem Yilmaz.

Télécharger « G.O.R.A, le pastiche alatürka » au format PDF :

~ par dolasadolasa sur 20 septembre 2011.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s