Adalar Ekspresi.

…Welcome aboard Yeditepe-I. Please fasten your seatbelt, turn off all electronic devices and prepare for takeoff…

 

Take off ? On s’y tromperait presque, tant la première impression s’approche d’une montée dans un avion.Air conditionné, hublots hermétiques, aménagement de la cabine en trois rangées de trois sièges avec appuie-tête et tablette, jusqu’au message d’annonce enregistré qu’on croirait prononcé par cette voix immuable, d’une neutralité éthérée. On s’attend même à voir s’animer les consignes de sécurité en cas d’atterrissage forcé sur le grand écran surmonté du portrait d’Atatürk.

Et pourtant, il ne s’agit ni d’un Airbus, ni d’un Boeing, mais… d’un catamaran blanc et bleu : bienvenue à bord d’un Deniz Otobüsü, ces bateaux rapides d’IDO, qui font les liaisons entre Istanbul , les Îles aux Princes et Bostanci.

Pour 7,5 TL, vous allez de Kınalıada à Kabataş en un quart d’heure à peine, moins que de Kadiköy à Eminönü, c’est dire ! Pour ce tarif, vous profiterez d’un voyage confortable, dans le moelleux tissu frappé du dauphin tutélaire, dans un espace silencieux ; ici, les passagers lisent, travaillent sur leur ordinateur ou jouent sur leur téléphone.

À ces usagers privilégiés, IDO offre aussi les premiers pas mal assurés, chaloupés, de retour sur la terre ferme, et en prime un frisson au creux de l’échine lorsque, des quais de Kabataş ou du Setüstü Çay Bahçesi, le regard reste accroché, pupilles rondes d’effroi, au spectacle supersonique du katamaran qui trace son sillage entre Bosphore et Marmara, semblant ignorer vapurs, ferries, tankers et porte-containers, et laissant penser qu’aux commandes se trouve le même homme qui la veille faisait des loopings dans le ciel d’Istanbul.

Par contre, vous n’aurez ni la fumée noire qui s’échappe des cheminées, ni les bavardages qui étourdissent en se perdant dans le vent du large qui glisse d’un bastingage à l’autre, ni les vendeurs de pyjamas, de bains de soleil, de cartes et guides touristiques, de presse-citrons qui animent et rythment la traversée vers ou depuis Adalar.

Finalement, arriver à Kabataş à peine cinq minutes après le vapur parti trente-cinq minutes avant l’excité de la Marmara, raté pour n’avoir pas choisi de courir, et ainsi ne pas sacrifier plus que de raison le temps paisible du thé, le temps de Gülhane, est bien le seul avantage, le seul argument du Deniz Otobüsü…

Télécharger « Adalar Ekspresi » en Pdf :

~ par Emmanuelle sur 14 octobre 2011.

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