Kaz bulunur

Kars, il y a dix ans, n’avait pas de spécialité culinaire à afficher ; tout au plus, les paysans venus y dépenser en futilités charnelles, en débauche, pour être plus clair,  l’argent de la vente de la récolte ou d’une vache, allaient en petit groupe, au petit matin, ivres de raki et de musique populaire, avaler une soupe revigorante dans un iskembe salonu de Kazim Karabekir. Mais c’est du passé, et maintenant dans Kars la sage les paysans n’oseraient même plus allumer une Samsun dans une kiraathanesi. Tout se perd.

Il y avait bien des oies dans les villages des environs, en assez grand nombre. Mais elles ne venaient jamais jusqu’en ville : il était d’usage dans les villages, après avoir fait cuir le pain dans le four collectif, de parfois y glisser une oie fraîchement sacrifiée, et de la laisser cuire plusieurs heures, avant de lui faire les honneurs de la tablée paysanne. Et il y a quatre ou cinq ans, quelqu’un s’est avisé – est-ce une institution, un restaurateur? Nul ne sait dire avec assurance – de faire de l’oie au four le plat le plus renommé et le plus cher des établissements de la ville.

Parce qu’on ne commande pas une oie au four comme une paire de  lahmacuns, ni même comme un tandirda kuzu…  Il faut s’assurer d’avoir bien faim, et de disposer d’un budget conséquent.

Un budget parce que, si des options économiques à 15 TL peuvent vous permettre de glisser entre deux feuilles  de pain lavash de petits morceaux d’oie prétaillés, posé sur un peu de bulgur pilav, elles sont un peu mesquines, et qui joue le jeu est prié de le jouer jusqu’au bout. 30 à 35TL, donc, sont à prévoir, sans les boissons. Mais l’oie et l’alcool ne font pas très bon ménage, une eau gazeuse d’Afyon conviendra. Et puis les restaurants de Kars ne servent pas d’alcool, sauf rares exceptions.

Avoir faim, parce que, pour être franc, l’oie, c’est quand même particulièrement gras et indigeste, que c’est accompagné de salade pimentée, de fromage frais, de légumes au vinaigres, et d’autres accessoires. L’eau gazeuse fera son possible, mais on songera à éviter l’été – les jours d’hiver quand le thermomètre du Castle hotel, tout neuf, rouge et géant, affiche -5 ou -15, c’est acceptable.

On sort lesté, mais on a testé la spécialité de Kars la sage.

Kaz bulunur : il y a de l’oie.

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~ par dolasadolasa sur 19 février 2012.

7 Réponses to “Kaz bulunur”

  1. Ah, les oies de Kars et de ses environs… :-)
    Tu lèves un coin de voile sur ce grand mystère : elles sont donc mangées, du moins en hiver…

    Emmanuelle (qui va réévaluer le projet « foie gras de Kars » à l’aune de cette information… :-D)

  2. hé bien ainsi, je connais déja le menu à kars!
    Une adresse peut être? je ne suis pas contre , une boisson plus , enfin moins , bon pas de l’eau …sourires.
    merci pour cette étape gastronomique Dolassa .
    Tiger

  3. Bonsoir,

    La photo du plat d’oie a été prise au Semazen, qui donne comme son nom l’indique dans les spécialités au four de Konya ; à côté il y a l’Ocakbaşı, un peu plus cher.
    Aucun des deux ne sert d’alcool. L’alcool à Kars se trouve dans d’autres établissements, plutôt des tavernes.

    Michel

  4. Merci beaucoup pour cette info culinaire, je vais à Kars la semaine prochaine, je ne manquerai pas de goûter ce plat.

  5. Merci pour cette info culinaire.
    Je vais Kars la semaine prochaine, je ne manquerai pas de goûter l’oie de Kars.

  6. bon appétit….

  7. […] (*) Les oies anatoliennes en liberté : lire Kale dans la brume ; et dans l’assiette : lire Kaz bulunur. […]

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