Vers Kars en hiver, aspect du mythe.

Kars en été est maintenant sur les sentiers battus du voyageur oriental ; on y sue en montant à la citadelle, à bonnes grosses gouttes, sur les rampes faussement anodines, on y cuit sur les sentiers d’Ani et on cherche la fraicheur du soir sous les façades russes et en surplomb de la rivière.  Dolasa y a souvent flâné, et même dit sa déception devant la galopante tendance à l’asepsie des dernières années.

Kars en hiver, c’est autre chose, le mythe est encore là. Un frisson nous parcourt l’échine à la lecture des bulletins météorologiques, on se dit que les minima sont de nature à faire fendre les pierres de la citadelles. On annonce des -20, des -30, parfois des moins encore plus. Seule Erzurum la venteuse parvient à faire taire ce frisson glacé, en affichant, parfois, mieux, ou pire.

C’est donc muni de quelques achats de dernière minute, comme des gants ou un bonnet, que le candidat au frisson glacial sur l’échine longe Sahil Yolu dans une Tofas au petit matin neigeux de février. Si les panneaux d’affichages d’Atatürk alignent les points rouges de l’annulation de vol sans parcimonie, Kars s’affiche au vert, avec assurance et confiance. Pas question donc de voler ce matin vers Sivas, vers Malatya, vers Erzincan, vers Mus… Mais vers Kars la glaciale, pas de problème, la compagnie assure. A Kars, l’avion, on en a besoin, on s’en donne les moyens, on n’annule pas ; jamais. Et si un aéroport doit être fermé, c’est Istanbul, pas Kars.

Après deux petites heures et un large passage sur la Mer noire, mer invisible sous une couche de nuage, l’avion entame la descente et le blanc succède au blanc ; le tapis immaculé des nuages a laissé par surprise place au tapis tout aussi immaculé de la neige. Tout est blanc, seules quelques routes, largement dégagées, au trafic clairsemé mais réel, zèbrent la campagne. Et la piste, parfaitement propre, immaculée même, dans un état parfait. Presque décevante.

A peine l’avion roule-t-il sur ses trois trains de pneus que les plus pressés se lèvent et s’habillent pour l’hiver, lourdes vestes, pardessus gris, écharpes d’épaisse laine grise ; descente en plein air par une simple passerelle, sans même un auvent, et quelques pas sur le tarmac. La buée se forme devant les visages dans le souffle chaud du passagers pressé, mais rien n’atteint l’échine. Il fait froid, sans plus.

Aspect du mythe.

~ par dolasadolasa sur 20 mars 2012.

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