Les kangals existent bien

Kangal, terreur des cyclistes et marcheurs, les motards ne sont pas à la fête non plus. En préparant notre voyage, à la recherche de pistes et de vastes plaines, je me dis cette fois, c’est sûr, nous ferons la connaissance de ces grand chiens. C’est en roulant vers Sorgun, que je pus admirer de près ces puissants chiens  d’Anatolie. Mais quel est ce chien si redouté des voyageurs ? C’est en rentrant que je me suis plongé sur sa présentation :  Le kangal est un descendant  probable des chiens de chasse qui existaient en Mésopotamie. La première découverte remonterait au Néolithique, 7000 ans avant notre ère, près de Konya. Le nom de kangal  est hérité de la ville du même nom dans la province de Sivas.

kangal

Il a un poil court de couleur sable à  gris clair, son museau est souvent foncé. Le mâle a une taille de 74 à 80 cm. Le collier et la tête essorillée leur procurent un aspect impressionnant. Les bergers coupent les oreilles pour éviter que les loups ne s’en servent de prise. Ce qui frappe très vite, c’est le collier à pointe de fer. Et en plus ils bénéficient d’un arsenal de défense naturel : leur couleur se fond dans le paysage. Ce chien est athlétique, sans lourdeur, son poitrail est large pour faire face, l’arrière-train traduit sa force de propulsion. Mais le kangal est un chien qui « analyse »  le comportement : lors de chacune des rencontres avec ce gardien, il y a toujours un temps d’arrêt ,comme une pause qui traduirait une analyse de la situation.

N’allez pas croire qu’ils distingueraient un loup d’un motard ! Non, non ! La première fois, je les ai vus proches du troupeau de chèvres. J’ai stoppé  la moto, ils étaient là ; je m’adresse au berger et lui montre ses chiens et mon appareil, puis début de dialogue. Le kangal n’a pas perdu une seconde de cette approche. Mais pas moyen de m’approcher de lui à plus de 15/20 mètres. Il observait ces curieux hommes bizarrement vêtus,  heureusement ; enfin sûrement que leur maître  leur indiquait par son attitude, l’absence de danger. Ce n’est que le lendemain lors d’un bivouac, que quatre ou cinq de ces magnifiques chiens se sont laissés observer ; nous avions dormi sur un chemin que le troupeau devait vraisemblablement emprunter, même très sûrement au nombre de petit tas desséchés laissés de-ci de-là. Ils m’ont observé pendant de longues minutes, assis, buvant le café matinal ; je dois avouer que leur nombre et cette assurance m’ont impressionné. Ce n’est qu’au bout de cinq à dix minutes que j’ai été jaugé comme sans danger… il faut dire que je ne bougeais pas trop non plus…  Hé bien, où sont ces terribles chien décrits par Bernard Olivier ?

Mon attente ne fut pas très longue…

La troisième fois, c’est avec un de leurs cousins, « le berger de Kars »,  que nous avons testé leur rapidité et leur dévotion pour leur troupeau. La piste était occupée par deux troupeaux distincts. Mais que croyez vous qu’il advint ?…. Je redoublai d’attention pour anticiper la charge prévisible de ces gardiens incorruptibles. Et ce n’est qu’à quelques mètres du troupeau que deux de ces bergers au collier de pics acérés surgissent du fossé, tous crocs dehors. J’accélère, mais leur détente est surprenante, sur le flanc gauche nos deux chiens prêts à mordre, sur le flanc droit, ben des moutons… Le dénouement fut plus agréable que l’introduction fort heureusement. Dans ce tumulte de bêlements, de vrombissement et de poussière, le long sifflement strident parvint aux oreilles de ces deux cerbères, et ajoutés à cela  de longs cris finirent de stopper les deux molosses.  Heureusement : c’était soit une moto qui aurait fini  pleine de laine, soit  le fossé et  le champ de cailloux. Destin peu valeureux pour nos allures d’aventuriers motorisés. Je vous rassure : nous aurions choisi de sauter dans le champ de pierres, après tout on  est prêt pour cela (enfin bon..) C’est donc un excellent chien de garde, il est dit de lui qu’il a l’ouïe fine mais nous faisions trop de bruit pour être un test fiable…Le test de la botte ne fut pas l’œuvre d’un kangal, même si cela s’en est failli de peu. Ce chien mérite bien le qualificatif de valeureux, le symbole de fierté dont il est l’objet est tout à fait mérité, Ils font partie de cette histoire des plaines centrales d’Anatolie. kangals… À l’année prochaine !

~ par lacroisierejaune sur 30 août 2012.

2 Réponses to “Les kangals existent bien”

  1. Merci pour ce texte…objectif. J’admire votre audace. Personnellement, en tant que voyageuse solitaire – même enfermée dans la protection métallique de ma voiture – ces chiens m’ont terrorisée. Et empêchée de randonner dans les campagnes ou même de me balader dans certains villages.
    Il me semble qu’Ella Maillart a été mordue par un chien lors de son séjour au Caucase, et que cette morsure s’est infectée. Était-ce un de ces fameux kangals ? Je n’oserais me prononcer.
    Pour ma part, j’ai été mordue par un chien de berger… en France, et depuis, j’avoue que je suis très méfiante.

  2. Merci pour votre commentaire, il n’y a point d’audace en fait juste de la curiosité, les bottes enduro et les protections rassurent…Mais c’est un chien fascinant et complétement dévoué à leur maître. Lors d’un bivouac entre Igdir et Kars , un berger qui nous tenait compagnie avec son kangal à quelques métres, ce chien ne perdait rien de notre assemblée. il etait assis en retrait.

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