Y’a pas qu’la Cappadoce !

Vallée phrygienne : Kapikaya I

Peribacaları. Cheminées de fée. Quand on évoque ces formations rocheuses délicatement sculptées par l’érosion, un nom fuse spontanément : Kapadokya, Cappadoce.

Oui, mais… Quand on évoque Kapadokya, des images fusent spontanément : cars, groupes, marchands de tapis et de pacotille. Oh, bien sûr, il est possible de parcourir la région en évitant les foules qui ont l’heureuse l’habitude de se concentrer sur quelques lieux laissant de vastes zones à leur solitude ; mais en concoctant l’itinéraire, tant d’autres lieux à découvrir ou à retrouver, la Cappadoce ne sera, cette fois encore, pas au programme, tout au plus flirterons-nous avec sa frange méridionale, histoire de faire naître, peut-être, une inspiration pour demain.

Les cheminées de fée ne sont pas l’apanage de la Cappadoce ; un peu à l’ouest de ce haut-lieu, la vallée phrygienne offre des trésors silencieux et paisibles. Et si en plus on prend la peine, dans la quête du plus célèbre des tombeaux phrygiens, de confondre Midas Anıtı frappé d’une étoile rouge dans l’Adım Adım avec Midas surligné en jaune près de Yazılıkaya, les trésors silencieux et paisibles deviennent un véritable pactole.

Avdalaz Kalesi #1

Des routes que ne parcourent que de rares tracteurs, des chemins de sable aux abords desquels ne s’activent que les cueilleuses de pavot, des carrefours où sèchent les tapis que les femmes sont venues laver à la fontaine. Et partout, dans ce paysage aux couleurs de prés et de poussière, tantôt plat, tantôt dodelinant, des cheminées de fée.

Vallée phrygienne : AslankayaAux premières, difficile de ne pas laisser échapper un « Waouh ! », et quand en plus un roi phrygien a eu l’idée de tailler son tombeau dans l’une d’elle, on se dit que Kapadokya a peut-être les cheminées de fée les plus célèbres de Turquie, mais que Frigya a ce p’tit truc capable de transformer le « Waouh ! » en une véritable émotion.

Après ce « Waouh ! » initial, fondateur, qui chante comme le premier souffle du voyage, cette bouffée qui emplit le corps de cette si particulière saveur, suave et bienfaisante, il suffit de se laisser porter par l’enthousiasme. Bien sûr, au début, l’œil cherche sur l’atlas, la carte IGN et le petit dépliant touristique récupéré deux ans plus tôt à Afyon les routes les plus chargées en pictogrammes, tandis que l’autre guette les panneaux touristiques ; mais rapidement s’imposent un autre regard, deux yeux qui vagabondent hors de l’habitacle, un autre rythme, celui de faire fi des panneaux marron qui de toute façon ne servent à rien, et de garder l’atlas simplement à proximité pour l’heure où il deviendra nécessaire de retrouver quelques repères nous permettant de gagner Afyon avant la nuit. La voiture est menée et malmenée par-ci par-là, parcourant la vallée au gré d’un coquelicot, d’une forme lointaine qui retient le regard, d’un relief qui pourrait offrir un panorama. Les panneaux « Peribacaları » apparaissent parfois soudainement sur le bord de la route, quand les cheminées étaient dans le pare-brise depuis un bon moment déjà ; finalement, ce sera Midas qui aura été compliqué à retrouver dans tous ces méandres, dernière halte avant de filer vers l’agitation d’Afyonkarahisar..

Vallée phrygienne : Kapikaya II
Kiyir
Vallée phrygienne : Kapikaya I Vallée phrygienne : Kapikaya
Vallée phrygienne : Kapikaya I

La vallée phrygienne, sur Dolaşa dolaşa, c’est aussi:

Cybèle en la vallée, parcours antique, par dolasadolasa le 11 janvier 2010.

Mon voisin s’appelle Midas, par Pénélope le 14 novembre 2011.

La Vallée des rois, par Pénélope le 18 novembre 2011.

Une flore qui pour une fois n’est pas constituée essentiellement de chardons : Herbier de la vallée phrygienne.

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~ par Emmanuelle sur 15 octobre 2012.

Une Réponse to “Y’a pas qu’la Cappadoce !”

  1. J’ai beaucoup aimé cette région, pour sa fière et tranquille solitude, ses cheminées de fée aussi inattendues que magiques, ses chemins de terre qui semblent aller nulle part… Je dormais dans un hôtel de semi-luxe où le personnel était tout surpris que je m’attarde plusieurs nuits et que je trouve à faire dans ces campagnes oubliées, où, d’après eux, il n’y avait rien à voir. Faut-il regretter cette ignorance « touristique »? Ou au contraire apprécier l’errance éblouie dans un coin de Turquie inviolé.

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