The georgian touch.

A cette époque, la Géorgie de Chevarnadze était en plein chaos ; des bandes rançonnaient à tout-va dans les rues centrales de la ville, le parc de Vake était réputé être l’endroit le plus dangereux du pays, la police ne faisait rien. C’était avant la révolution des roses, et sur les écrans encore épais des internautes précurseurs émergeait dans un succès indéniable un site incongru, « ze jacky touch ».

La « touche Jacky », c’était – et c’est, car le site existe encore – de faire d’une voiture ordinaire un objet unique de mauvais goût, de faire apparaître distinctement l’ego le plus ridicule : accessoires grotesques, pots d’échappement du diamètre d’une boîte de petits pois familiale, couleurs infamantes et efficacité nulle. En d’autres termes du « tuning », de la « customisation ».

En Géorgie le phénomène existe, généralement appliqué à des berlines allemandes de moyennes gamme, munies d’ailerons de voiture de course et d’ailes élargies, qui s’offrent des accélérations faites des longs grondements sur Rustaveli ; mais la « touche géorgienne » n’est pas un choix esthétique délibéré, c’est autre chose.

La « touche géorgienne », et c’est une chose qui frappe le visiteur un peu observateur, est une tradition qui perdure depuis au moins dix ans, celle d’avoir à la fois le goût des véhicules onéreux à réparer et un optimisme un peu excessif, une foi un peu large en l’efficacité du freinage de son véhicule et en la pertinence des actions et mouvements des autres. En un mot, la pièce maîtresse de cette « touche géorgienne », c’est le pare choc. Surtout l’avant.

Le pare choc veille école, barre chromée ou plastifiée, façon Lada ou façon Volvo année 80 est peu concerné par le phénomène ; ces engins se réparent à peu cher, ou n’échouent pas des mains si optimistes ou à des pieds aussi lourds. C’est surtout du côté de la voiture allemande moderne et valorisante et de la japonaise sportive qu’il faut observer. Notons en passant que du fait de la facilité avec laquelle la Géorgie immatricule des Subaru sportives d’occasion, venues droit du Japon, avec la conduite à droite, le contingent des contributeurs de cette mode présence une bonne dose d’exotisme.

Plaque d’immatriculation rafistolée, fixée par des colliers d’électricien à ce qui reste de la calandre face au radiateur, mise au chaud derrière la pare-brise, ou encore définitivement disparue, les façons de gérer administrativement la chose sont variées, mais l’essentiel demeure : une allure un peu brute, une large exhibition de métal et de pièces mécaniques, la « georgian touch ».

~ par dolasadolasa sur 10 novembre 2012.

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